THEE SINSEERS

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Dire que Thee Sinseers jouent simplement des « oldies » serait réducteur. Mené par Joey Quiñones, enfant de l’East Los Angeles et figure centrale du groupe, le collectif façonne depuis 2019 une vision singulière du R&B et de la soul. Aux côtés de ses musiciens, Quiñones développe un univers à part, explorant toutes les facettes d’un genre intemporel à travers un regard résolument moderne.

À l’approche de la sortie de leur nouvel album Love Stories, attendu le 18 septembre sur Colemine Records, une chose devient évidente : ce disque ne raconte pas une histoire d’amour simple et linéaire. La vision de l’amour qu’il propose est bien plus vaste et nuancée. Le groupe cite notamment le film culte de l’East LA Blood In Blood Out (1993), où trois personnages liés par les épreuves, les tensions et des trajectoires opposées finissent malgré tout par revenir les uns vers les autres pour comprendre ce qui les unit encore. Love Stories suit cette même logique : l’album ne s’intéresse pas à la happy end, mais à tout ce qui précède, suit ou dépasse cette idée.

Et rien de tout cela n’est laissé au hasard. Plus qu’un simple nouvel album, Love Stories marque l’affirmation d’un groupe qui a enfin pleinement trouvé son identité. Comme l’explique Joey Quiñones : « C’est une manière d’affirmer clairement où nous en sommes aujourd’hui. C’est notre style. »

Le bassiste Christopher Manjarrez décrit cette évolution comme quelque chose qui s’entend immédiatement : « Tout est monté d’un cran. »

Contrairement à Sinseerly Yours, qui s’était développé de manière organique en passant progressivement d’un quatuor à un ensemble de onze musiciens, Love Stories a été pensé dès le départ comme une œuvre collective. Chaque rôle et chaque arrangement étaient définis avant même l’entrée en studio.

« Nous savions exactement quels rôles chacun allait jouer », explique Quiñones. « Chaque personne a été pleinement prise en compte dans chaque aspect des arrangements. »

Cette approche collective se retrouve également dans les choix sonores. Chaque membre du groupe a travaillé avec une vision globale du disque, en pensant moins à sa propre partie qu’à l’ensemble du tableau — ce que Quiñones compare à « une belle peinture » plutôt qu’à une simple succession de morceaux. Une fois cette base posée, le mix final a été confié à l’ingénieur du son Kelly Finnigan.
« On pouvait aller très loin avec nos avis », reconnaît Quiñones, « mais au final nous étions quand même dix ou onze à essayer de déterminer ce qui était juste. »

Le groupe a également privilégié une instrumentation plus organique : contrebasse, guitares passées dans des amplificateurs pour retrouver une chaleur proche des productions des années 60… Les inspirations viennent de partout, parfois même des endroits les plus inattendus. Pour Quiñones, cette liberté d’influences est précisément ce qui définit le mieux le disque :
« À aucun moment nous n’avons eu l’impression de faire de la soul. Nous avions simplement l’impression de faire notre musique. »

Mais l’ambition sonore de Love Stories ne raconte qu’une partie de l’histoire. Le groupe a cherché à capturer quelque chose de plus sincère qu’une simple succession de beaux moments : montrer autant les sommets que les failles des relations amoureuses…

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